Musée de Folklore et de la Vie Transfrontalière

Projet Musée de Folklore et de la Vie Transfrontalière

Lieu Belgique, Mouscron

Marché Public

Surface 1 800 m², 1,5 HA (aménagements extérieurs)

Équipe

Projectiles & V+ (co-mandataires) « association momentanée », architecte + muséographe + scénographe

Taktyk, paysagiste

Bouwtechniek, B.E. Ordonnancement, Pilotage, Coordination (OPC) + exécution

Greisch, B.E. Tous Corps d’États + structures

Daidalos peutz, acousticien + B.E. fluides

Maîtrise d’ouvrage: Ville de Mouscron

Phases    LIVRÉ 2019

 

Musée de Folklore et de la Vie Transfrontalière

En 2010 est lancé le concours public d’architecture européen, remporté en par groupement d’architectes Projectiles & V+, ainsi que Taktyk pour le paysage.

Nous avons proposé de déplacer le programme dans un bâtiment neuf, autonome, fin et linéaire en cœur d’îlot. Ce parti pris diffère de la commande mais permet d’engager une reconfiguration urbaine et paysagère d’un ensemble d’espaces disparates. Le bâtiment adopte un profil horizontal, une écriture et une matérialité en dialogue avec les constructions vernaculaires des alentours.

Le profil extérieur crénelé caractéristique de ce projet correspond au rythme et à la hauteur des pièces intérieures. Ces pièces sont construites dans une approche et une dimension domestique selon une trame carrée de 5.3 m sur 5.3 m. Elles se différencient les unes des autres par leurs hauteurs et leurs articulations en fonction des besoins du programme muséographique. Toute la démarche du projet pourrait peut-être se résumer à cette recherche d’un vernaculaire contemporain, d’une architecture qui a prise avec le quotidien, qui accueille les usages les plus ordinaires, qui spatialise les rythmes humains. L’implantation centrale et rayonnante de l’édifice permet un fonctionnement en archipel qui exploite les différents bâtiments existants. Le foyer traversant subdivise les espaces d’expositions permanentes et temporaires, les réserves sont en sous-sol, les ateliers pédagogiques dans l’ancien bâtiment, avec un accès direct par la rue ; un estaminet dans le pavillon au milieu du jardin, etc.

 

GRAND PRIX D’ARCHITECTURE DE WALLONIE 2019 Lauréats dans la catégorie « Reconstruire sur la ville »

EUMIESAWARD 2019 Nomination pour le Prix de l’Union européenne pour l’architecture contemporaine Mies van der Rohe

 

Toute la démarche du projet pourrait se résumer à cette recherche d’un vernaculaire contemporain, d’une architecture qui a prise avec le quotidien.

La remise en cause du programme du concours, une simple extension greffée sur l’existant, s’apparente « in fine » en un projet urbain de restructuration de cœur d’îlot, bien au-delà du cadre de la commande.

Les salles d’exposition, elles, sont pensées comme les pièces d’une grande maison : la poutraison des plafonds, auquel répond l’ossature en bois des cloisons, la taille et la position des baies rompent volontairement avec l’abstraction de l’espace muséal contemporain.

Les objets ne sont pas sacralisés. Ils sont savamment organisés et simplement exposés afin qu’ils dialoguent tout en jouant l’ordinaire de l’architecture.

Le projet scénographique

Le Musée de Folklore et de la vie Transfrontalière se veut à l’opposé de tout « nombrilisme identitaire ». La posture a été de transformer le musée de folklore en un musée de société. Travailler sur le territoire transfrontalier, une population brassée par trois cultures, nécessitant une mise en exposition plus critique, plus sélective, plus ouverte sur un fond à la fois matériel et immatériel.

Au prix d’échanges nourris entre l’équipe du musée et l’équipe de Maitrise d’Œuvre, le projet scénographique cherche une juste voie entre exposition et interprétation, science et divertissement, contextualisation et neutralisation, entre l’écueil de théâtraliser la collection, et de la montrer sans artifices, celui d’esthétiser ces choses du quotidien, et donc de survaloriser la moins opportune de leurs multiples dimensions. Pour les auteurs de projet, ces objets proprement vernaculaires doivent retrouver au sein du musée une échelle domestique de monstration.

L’intégration artistique

L’intégration artistique de Simon Boudvin est particulièrement pertinente au contexte du musée et à son architecture. Il a sollicité les filières de récupération présentes dans la région et a proposé de mêler aux briques neuves de parement du musée, des briques anciennes, issues de huit édifices de la ville — usines, maisons, fermes, entrepôt, couvent ou cinéma — dont il documente par ailleurs la démolition par la photographie. Huit « briques-cartels », émaillées de blanc et portant un numéro, indiquent sur le mur les différentes provenances.

projectiles-vincent-fillon-archi-1

projectiles-vincent-fillon-archi-2

projectiles-vincent-fillon-museo-4

projectiles-vincent-fillon-archi-3

projectiles-vincent-fillon-archi-4

projectiles-vincent-fillon-archi-5

projectiles-vincent-fillon-museo-1

projectiles-vincent-fillon-museo-2

projectiles-vincent-fillon-museo-3